Anniversaire du dojo, futilité de la durée

Kimochi de Namur (Jambes) – Week-end anniversaire en mars 2012


Alors que je m’apprêtais à rédiger un article annonçant la célébration du quinzième anniversaire du dojo d’aïkido Kimochi de Namur, un de mes pratiquants d’aïkido m’a annoncé qu’il devait arrêter la pratique suite à un problème cardiaque. Annonce brutale, sans signe avant-coureur qui fait éclater dans notre conscience la notion d’impermanence, de fugacité de l’instant, d’illusion du sentiment de durée.

Comment dès lors fêter quinze années de vie du dojo. Pourquoi fêter la durée si c’est l’instant qui compte ?

C’est sans doute pour son côté illusoire que la durée nous étonne, parce que d’autres ont jeté le gant plus tôt, parce que ce qui est derrière n’existe plus vraiment, parce que ce qui nous attend ne sera pas nécessairement ce à quoi nous nous attendons.

Cette sensation de durée, ce tour que nous joue notre mémoire influence notre perception du présent. Elle lui donne sa pleine valeur … pour autant que nous l’abordions dans la conscience.

L’annonce d’un problème de santé nous ramène à l’essentiel et donne aux moments vécus une valeur qu’on avait oubliée. Quand ce n’est pas le cas, il faut compter les années et donner un sens particulier à une journée en la nommant « anniversaire » pour  que soudain cette journée prenne consistance et se distingue du jour d’avant qui déjà s’est fondu dans nos souvenirs.

Il en va de même de la pratique Aïki :

« Faites que chaque mouvement soit unique, comme si c’était le premier ».

 Shoshin, l’esprit du débutant nous invite à l’émerveillement de l’instant sans pour autant oublier le chemin déjà parcouru. Le passé ne le banalise pas, il l’enlumine.

C’est à la lumière de ces réflexions que nous avons le plaisir de vous annoncer l’organisation d’un week-end particulier les 24 et 25 mars 2012. Les quinze ans du dojo sont une opportunité de créer un espace de réflexion que nous voulons à la fois original et dans la ligne de l’enseignement qui caractérise le Kimochi. Durant ce week-end nous proposons de découvrir par la pratique et la rencontre, une vision différente de l’aïkido. Pour l’illustrer, voici un conte que certains parmi vous connaissent peut-être :

Un professeur d’université visita un jour un maître zen célèbre. Pendant que le professeur parlait du zen, le maître lui versa du thé dans son bol. Il continua de verser et le thé commença à déborder. « Mais arrêtez de verser, ne voyez-vous pas que le bol est plein à ras bord ? » s’écria le professeur, voyant le thé couler du bol. Vous êtes comme ce bol répondit le maître zen, comment voulez-vous que je vous montre le zen si vous ne commencez pas par d’abord vider votre coupe.

Aborder l’expérience avec un esprit neuf c’est mettre de côté ses idées préconçues, sa vision des choses. C’est éviter les « j’ai déjà fait ça” les “je connais”, les “j’en sais plus que lui”. C’est oser la rencontre avec l’inconnu.

C’est ce que nous proposerons de vivre pendant ce week-end. Nous avons invité Paul Linden (Etats-Unis), Quentin Cooke (Grande-Bretagne) et Bertram Wohak (Allemagne), des pratiquants d’aïkido qui, en plus d’être des senseïs dans leur dojo sont en recherche de ce que l’aïkido peut apporter pour transformer notre manière d’aborder la vie.

 Ces senseïs viendront nous proposer leur vision de l’aïkido. Le samedi, après un moment de méditation en début de journée, 4 sessions de pratique seront proposées, chacune illustrera un thème particulier tel que le moment de la rencontre entre l’uke et tori, la notion d’intention, de paix et d’harmonie, la communication avec soi et avec l’autre. Ces sessions seront suivies d’une conférence par Bruno Traversi qui nous vient de France et proposera une lecture et un commentaire de textes originaux de ô Senseï Ueshiba. Cette conférence se terminera par un débat où chacun pourra intervenir et partager son expérience de la journée. Au soir, un repas festif sera l’occasion de partager un intense moment de convivialité. Le lendemain matin un stage co-animé par tous les intervenants de la veille sera proposé suivi d’un lunch de clôture.

Ce week-end sera ouvert à tous pratiquants d’aïkido en ordre de licence mais pour des raisons de places disponibles, il n’y aura pas d’inscription sans réservation. Vous trouverez les détails de ce week-end (programme détaillé, informations sur les senseïs qui animeront les pratiques, lieux, horaires et participation aux frais) sur le site du Kimochi (https://aikido.aikicom.eu). Des possibilités de logement chez les pratiquants du Kimochi sont possibles pour les personnes venant de l’étranger. Les bénéfices de ce week-end seront consacrés à développer des projets appliquant l’aïkido dans le milieu social (jeunesse en difficulté, personnes en décrochage social,..).

Christian Vanhenten

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