choisir, observer

Feedback

choisir, observerImmense plaisir de me sentir bien pour me présenter face aux évaluateurs. Le corps en paix, sans douleur ni tension, juste la nervosité prévisible avant l’épreuve. L’esprit étonnement calme.

Puis vient l’action.

Gérer l’énergie et le souffle et l’immense plaisir de pratiquer. Bonne connivence avec les uke que pourtant je connais peu.

Sensation de faire ce que je dois faire ( les techniques sont imposées) mais plaisir de sentir que ça coule avec une aisance.

Je ne sais comment c’est reçu et c’est si peu important pour moi à cet instant. Les autres n’existent pas, ni public, ni jury, même pas l’autre candidat qui passe l’examen en même temps que moi. Je suis là, présent, dans l’interaction avec l’uke qui m’apporte l’énergie de l’attaque. Il y a bien cette voix qui lance les noms des mouvements à faire mais elle trouble si peu ce que je suis en train de vivre.

Je termine, apaisé et fatigué. Je l’ai fait et jusqu’au bout.

Et quand le résultat négatif tombe, les mots de Roosevelt(*) me reviennent à l’esprit.

Que ceux qui jugent aient estimé que ce n’était pas ok, m’importe si peu à ce moment. Je voulais jouer le jeu d’entrer dans leur grille d’évaluation sachant qu’elle est différente de la mienne et il ne s’y sont pas retrouvés. Étonnant? Pas vraiment?

La foule se dissipe, les évaluateurs se fondent dans le paysage, pas de feedback, pas de commentaire ou seulement du bout des lèvres. N’aurait-on plus rien à se dire?

“La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a”, dit le dicton.
Difficile de mesurer une longueur avec des litres, ou des courants électriques avec un mètre. Je le savais avant de monter sur le tatami.

Espérais-je un miracle ou quelque chose sortant de l’ordinaire?

Pas vraiment. Je ne voulais qu’une chose: entrer dans l’arène, donner ce que je peux, le faire pleinement et savourer le plaisir de l’instant. Ce fut le cas et je m’en étonne encore à l’heure où j’écris ces lignes.

Le reste ne m’appartient pas.

Ce qui me revient c’est d’en tirer les enseignements.

 

 

 

 

 

(*)
Je ne résiste pas de recopier cette citation si intense et forte:  “Ce n’est pas la critique qui est digne d’estime, ni celui qui montre comment l’homme fort a trébuché ou comment l’homme d’action aurait pu mieux faire. Tout le mérite appartient à celui qui descend vraiment dans l’arène, dont le visage est couvert de sueur, de poussière et de sang, qui se bat vaillamment, qui se trompe, qui échoue encore et encore – car il n’y a pas d’effort sans erreur et échec -, mais qui fait son maximum pour progresser, qui est très enthousiaste, qui se consacre à une noble cause, qui au mieux connaîtra in fine le triomphe d’une grande réalisation et qui, s’il échoue après avoir tout osé, saura que sa place n’a jamais été parmi les âmes froides et timorées qui ne connaissent ni la victoire ni l’échec.”


Théodore Roosevelt

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