Critères pour choisir son dojo d’aïkido

Quelles que soient vos motivations, il est important de comprendre que le choix d’un dojo n’est pas neutre. Un dojo n’est pas l’autre. S’il est des critères que l’on peut qualifier d’objectifs, votre choix sera principalement guidé par votre feeling. Le tout est de voir au-delà des slogans si ce dojo est “fait pour vous”.

L’ambiance du dojo

Dans un dojo, il faut se sentir bien. C’est une question d’ambiance de travail, de qualité relationnelle entre les pratiquants et avec le professeur. Si l’idée d’aller au dojo donne une sensation d’avoir des pieds de plomb, ce n’est pas gagné. La pratique d’un art martial requiert de la persévérance surtout pour sortir de chez soi quand on est fatigué après une journée de travail, que l’on ne se sent pas en forme, que le film à la télé vous invite au cocooning.

Comme j’aime à le répéter, le plus dur en aïkido c’est sortir de chez soi. Même après une journée chargée, la pratique aïki a le don de recharger nos accus. Nous rentrons bien souvent plus en forme que lorsqu’on est parti. Si votre première impression est tiède, cela ne s’arrangera pas avec le temps.

L’ambiance du dojo n’est pas qu’une question de bonne humeur ou d’accueil chaleureux, elle est influencée par la cohérence entre les principes de l’aikido qui sont transmis et leur application durant le cours. Si le responsable du dojo dénigre le dojo d’à côté, s’il ne voit en vous qu’un inscrit de plus, s’il ne vous parle que de technique, de ceintures de couleur et de grades, posez-vous des questions, posez-lui des questions.
Entrez dans le dojo, observez, sentez l’énergie, le climat, observez les regards, les sourires.
Si vous vous y sentez bien, c’est bon signe. Dans la négative allez visitez un autre dojo!

La pédagogie

Un dojo c’est avant tout un projet. Quel est le projet du dojo? “Faire des ceintures noires”, “Apprendre la self-défense”, “transmettre les valeurs de l’aikido”? Le projet de dojo doit rencontrer votre attente.

Si c’est le cas, portez votre attention sur:

  • le niveau technique. Un professeur d’aïkido doit maîtriser les techniques qu’il enseigne et veiller à maintenir et développer son niveau en participant à des stages et de manière plus générale, en remettant sa pratique en question.
    Faut-il un professeur haut-gradé ? Pas nécessairement. Il faut savoir que les 4 premiers dans sont des examens techniques et les suivants sont accordés sur base de “l’action pour la promotion de l’aikido” et la reconnaissance par les pairs. Il n’y a pas nécessairement de lien entre les grades (les dans) au-dessus du 4è dan et le niveau technique.
    Bien plus qu’un haut niveau technique, c’est la capacité de transmettre qui doit être évaluée. Si vous passez la porte d’un dojo ce n’est pas pour les prouesses du professeur, c’est pour sa capacité de vous transmettre un enseignement.
  • Le lien entre l’esprit de l’aïkido et les techniques proprement dites. Certains enseignants ont un bon niveau technique mais cette maîtrise donne une sensation de vide. Leur pratique manque d’esprit. Le Aï de aïkido nous rappelle qu’il s’agit de développer l’harmonie entre le corps et l’esprit. Cette pratique “sans âme” fait penser à ces jouets en plastiques de forme parfaite, aux mille couleurs mais qui n’ont pas ce caractère “vivant” que des jouets en bois, sans doute plus grossiers peuvent avoir. Cette pratique là je l’appelle l’aïkido-gymnastique.

La cohérence, l’authenticité

Le dire c’est bien, le vivre c’est mieux!
Vous rencontrerez parfois des enseignants qui maîtrisent la technique, parlent sur le tatami de l’esprit mais sans l’incarner. La notion de non-violence, l’harmonie avec le partenaire, le respect, l’ouverture d’esprit ils le rangent avec leur keigogi (kimono) dans leur sac jusqu’au prochain cours. L’esprit de l’aïkido semble se dissoudre sous la douche après le cours.
Au Kimochi, nous accordons beaucoup d’importance à cette cohérence entre esprit de l’aikido et la manière de l’incarner (le plus possible en restant conscient de nos imperfections et du chemin qu’il nous reste à parcourir).
Si seule la pratique technique, la maîtrise des gestes, la dimension physique vous intéresse, vous pouvez mettre de côté ce critère de cohérence, le Kimochi ne vous conviendra pas.

Si je vous propose un cours de découverte ce n’est pas dans un but de marketing, l’objectif est de vous faire vivre un cours d’aïkido au Kimochi pour “sentir” si la pratique, la collégialité, l’accueil, la pédagogie vous convient.

Naturellement il ne faut pas imaginer que arriverez à un résultat à l’issue du cours, vous aurez simplement l’occasion de sentir si l’aïkido est une activité qui vous convient.

Le critère de la fédération

Dans la tradition japonaise, le dojo est l’unité de lieu pour l’enseignement des arts martiaux. Le dojo est le lieu où le maître assure la transmission de son art.

La notion de fédération est un concept qui tient plutôt de la pratique sportive que des arts martiaux. Les dojos se regroupent pour coordonner l’assurance indispensable à la pratique de toute activité sportive, pour structurer les modes d’octroi des grades et pour organiser des activités qu’un dojo seul ne pourrait mettre en place seul.

Les grades (ceintures de couleur, ceintures noires ou dans) sont des concepts qui ont été ajouté à l’enseignement traditionnel des arts martiaux. Ils répondent aux besoin naturel que nous avons de nous mesurer, de nous comparer. Les arts martiaux internes (Taï Chi, Ki gong,..) se passent aisément de ces grades. Seule compte la progression personnelle au rythme qui nous convient.

Les fédérations sont totalement étrangères à la qualité d’un dojo. Cela veut dire qu’il y a des  bons et des “moins bons” dojos au sein des fédérations comme hors des fédérations.

Enfin, les fédérations engendrent un effet clanique qui tend à pousser les fédérations les unes contre les autres alors même que tous pratiquent un art martial sensé prêcher l’harmonie et le respect.
On assiste ces dernières années à une augmentation sensible du nombre de dojos qui optent de se tenir à l’écart des dynamiques de fédérations et cherchent à retrouver l’esprit original de la transmission des arts martiaux: un dojo un maître. Dans le cas de l’aïkido chaque dojo a ainsi la possibilité d’offrir un enseignement original tout en restant cohérent par rapport aux principes de l’aïkido en se nourrissant d’échanges, de rencontres, de pratique avec des aïkidokas d’autres écoles et de tous styles.

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