Aikido et développement personnel

Dernier venu des arts martiaux, l’aikido plonge ses racines dans une tradition plusieurs fois millénaire. Il résulte d’une synthèse des techniques de combat les plus avancées en un art de conception moderne reposant sur des principes d’une extrême richesse.

Pour le fondateur Morihei Ueshiba, le développement de l’homme, lien entre un monde spirituel et un monde matériel impose un entraînement constant dans le monde sensible, afin comme le dit Yagyû Munenori, de se débarrasser des six maladies que sont : le désir de victoire, le désir de s’appuyer sur une supériorité technique, le désir de se faire admirer, le désir de dominer mentalement son adversaire, le désir de rester passif,.. et le désir de se libérer des cinq premières maladies.

“Il n’y a ni forme ni technique en Aikido. Les mouvements naturels sont les mouvements de l’Aikido.” (M. Ueshiba)

La pratique des techniques n’est pas une fin en soi elle n’est que la condition nécessaire, mais non suffisante, d’un développement spirituel. Elle s’accompagne et s’enrichit de l’application des principes de bases de l’aikido parmi lesquels :

Le principe de coopération : un état d’esprit, une attitude philosophique devant la vie et l’univers et qui sera pour les pratiquants la voie la plus simple pour des progrès rapides.

Aï-Ki: le principe d’harmonisation des énergies : unification du corps, de l’esprit et du Ki – énergie vitale combinaison de yin et du yang et appelée par ailleurs Chi, ou Logos) – qui ne peut être abordée que dans l’action et constitue un puissant moyen d’accès à des formes de connaissances inaccessibles au seul raisonnement.

Le NEN ou principe de concentration dans l’ici et maintenant : posture mentale permettant une perception étendue, une intuition parfaite et la possibilité d’agir dans toutes les directions.

L’enseignement des techniques de l’Aikido au dojo d’Aikido Kimochi de Namur

La technique est la partie objective d’un art. Les techniques ne deviennent des techniques d’Aikido que si elles sont exécutées en application des principes qui sont le fondement de l’Aikido.

Pour éviter le cercle vicieux qui rendrait impossible la pratique sans les principes eux-mêmes fruits d’une longue pratique, la pédagogie doit reposer sur des concepts accessibles comme ceux de la vigilance, de la maîtrise de soi, du respect, de la coopération, de la tolérance et de la capacité d’adaptation aux conditions extérieures.

La démarche pédagogique au dojo d’Aikido Kimochi de Namur est assurément originale en ce qu’elle vise à équilibrer des concepts en apparence si opposés que sont la technique et la philosophie de l’Aikido, le corps et le mental, le rationnel et le ressenti, la tradition occidentale et orientale.

De par sa formation dans le domaine de la communication, le professeur transmet les techniques en leur donnant sens. L’apprentissage à l’image des techniques est spiralé : partant du mouvement global en augmentant progressivement et au rythme de chacun la précision du geste.

Si la pratique d’un art martial peut effrayer certains, une visite au dojo du KIMOCHI démontre que chacun peut aborder la pratique de l’Aikido à son rythme et dans le respect de sa physiologie. On verra ainsi des exécutions lentes, familières aux pratiquants de Taï-Chi-Chuan, côtoyer des projections plus vives dans une approche plus orientée autodéfense. Le tout en fonction des objectifs de chacun tout en gardant bien présent que l’efficacité résulte d’une pratique harmonieuse et non l’inverse.

2 réflexions sur “Aikido et développement personnel”

  1. Merci pour ce texte. Je partage totalement l’idée du principe de cooperation, ainsi que le NEN “ici et maintenant”. Sur ce dernier point, existe-t-il des références au NEN dans la creation, l’histoire, ou même l’évolution actuelle de l’aïkido? Je serais heureux de mieux comprendre ce lien.

  2. Christian Vanhenten

    Bonsoir Romuald. Je parle du Nen dans mon livre quand j’évoque les propos de Kishomaru Ueshiba quand il évoque la concentration de l’esprit dans la recherche d’une certaine forme d’unité et d’ordre de l’univers. Selon lui le Nen est, à ce titre, le cœur de la pratique de l’aïkido. C’est le principe d’une pratique juste. Sans le nen, la pratique ne peut espérer dépasser le simple stade de la prouesse technique et pourra même induire des conséquences tragiques pouvant mener à la destruction. (lire aussi l’esprit de l’aikido de Kishomaru Ueshiba)

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